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Texte introducteur du séminaire et problématique de chaque atelier

PROGRAMME NATIONAL DE PILOTAGE 2004-2005
26 ET 27 MAI 2005
Cité Internationale Universitaire de Paris
ENSEIGNER LE THÉÂTRE À L'ÉCOLE
AU CARREFOUR DES LETTRES, DES ARTS ET DE LA VIE SCOLAIRE


Rédaction :

Pascal Charvet, Inspecteur Général de lettres et de théâtre
et
Françoise Gomez, IA-IPR de lettres
chargée d'une mission nationale pour le théâtre.



" Enseigner le théâtre à l'école
au carrefour des lettres, des arts et de la vie scolaire "



Dans l'espace littéraire comme dans l'espace social, le théâtre parle et s'interroge au-delà de lui-même. Aller au théâtre, lire, écouter, faire du théâtre, c'est se donner rendez-vous avec le contemporain de l'écriture, même si le texte n'est pas contemporain, même si l'écriture n'est pas textuelle. Aller au théâtre, lire, écouter, faire du théâtre, c'est pratiquer un rituel laïque où se refonde la communauté, même quand la cohésion de la communauté fait problème, même quand le problème qui se joue est justement la cohésion de la communauté.
Il ne saurait guère en être autrement quand le théâtre fait irruption dans l'école - pour peu que l'on regarde l'école comme un lieu vivant où se rejouent en permanence les tensions et le devenir de la société. Qu'il soit discipline d'enseignement, activité d'atelier ou objet d'étude, le théâtre est, à la lettre, dérangeant, au moins en puissance. Il sort l'élève du rang scolaire pour le propulser dans la salle de spectacle ou sur le plateau. Il modifie le bon ordonnancement de la classe pour mettre l'élève debout et redistribuer les rôles entre lui-même, l'enseignant, les autres, et ce curieux invité qu'est l'artiste partenaire. Enfin, ouvrir un texte de théâtre pour ce qu'il est, un texte pour la scène, c'est accepter de s'exposer à l'aventure du sens.
Le théâtre n'est donc pas un objet d'étude comme les autres : il porte en lui une turbulence séculaire qui le fait redouter et désirer tout ensemble. C'est pourquoi, trop souvent encore, les " faiseurs de théâtre " des écoles, des collèges, des lycées, se voient marginalisés dans une catégorie qui suscite regards et commentaires ambivalents. Il arrive que cette marginalisation trouve ses premiers complices dans les intéressés eux-mêmes, fiers d'afficher une prétendue différence, de choix, de mœurs, de " style de vie " , ne serait-ce que parce que la vie du théâtre est souvent nocturne, ce qui n'est pas un détail au regard des rythmes de la vie scolaire.
Un séminaire du Programme National de Pilotage consacré au théâtre doit, de ce fait, tenter d'apporter la preuve que chaque fois qu'une formation théâtrale prend place dans le cadre scolaire, en partenariat avec des artistes professionnels et des structures reconnus par le Ministère de la Culture, il s'agit là d'une chance unique en son genre : non seulement pour les spécialistes, mais pour l'ensemble des élèves, considérés sous l'angle de la formation humaine et citoyenne la plus fondamentale, " au carrefour des lettres, des arts et de la vie scolaire ". A l'enseigne de ce titre, les deux journées de cette action nationale se donnent pour objectifs :
l'exploration, dans le cadre de l'objet d'étude " Théâtre : texte et représentation " de la classe de première, de démarches pédagogiques où la représentation ne soit plus regardée comme un épiphénomène, ni même seulement comme le stade terminal de l'étude du texte ;
la nécessité pour les enseignements de spécialité de théâtre d'offrir aux lettres, ainsi qu'aux autres disciplines et arts, les fruits de l'avancée que représente dans leur domaine la prise en compte de la dramaturgie et de la scénographie, y compris par la pratique;
la pleine intégration de la recherche pédagogique, en théâtre et en lettres, à la réflexion menée sur l'expression corporelle et intellectuelle de l'élève dans le cadre de la vie scolaire : ceci depuis la lutte contre la violence et l'intolérance jusqu'à la prévention de l'illettrisme, en passant par l'exercice de la prise de parole et l'apprentissage de la maîtrise discursive.
Les ateliers d'information et de réflexion proposés au cours de ces rencontres se partageront donc d'abord entre les questions disciplinaires intrinsèques (comme : " Peut-on lire le spectacle ? ") et les questions posées par le parcours de l'élève, dans sa variété et dans son orientation : école, collège et lycée ne sont pas structurellement semblables dans leur offre de formation artistique et culturelle, et l'articulation entre les degrés pose problème. Mais ils considéreront aussi les enseignements et la formation théâtrale des élèves dans l'environnement plus large de la vie sociale et citoyenne, en explorant le rôle moteur des structures. Pour ces dernières, l'élève spectateur peut s'avérer un ambassadeur de premier ordre, parce que sans préjugé : les artistes le savent bien, et ce n'est pas sans raison qu'ils recherchent le regard du jeune public sur leur travail.
Afin d'échapper aux effets de clôture et de gestion d'acquis, chaque témoignage, transmis comme l'amorce d'une réflexion entraînante, sera relié à la conception des outils pédagogiques et aux technologies nouvelles : ainsi les pratiques et les problématiques d'aujourd'hui pourront-elles devenir pour tous les acteurs de la formation culturelle, littéraire et théâtrale (inspecteurs, professeurs, artistes partenaires, chefs d'établissement), les instruments modulables de leur ouvrage à venir.


LES ATELIERS

 


PRESENTATION EN TABLEAU :

 
Deux fois huit ateliers se répartissent dans huit grands domaines, dont un atelier d'écriture étalé sur les deux jours, à l'adresse d'un public identique.

Domaines / Dates 26 MAI 27 MAI
DOMAINE 1 : OUTILS PEDAGOGIQUES, USAGE DES SITES, MULTIMEDIA 1.1
Comment la trace du spectacle peut-elle servir l'étude du théâtre ?
1.2
La pièce au prisme de la captation : du plateau à l'étude en classe, l'école du spectateur dans les coulisses du spectacle.
DOMAINE 2 : ECRITURE DRAMATIQUE ET INVENTION 2.1
Atelier d'écriture dramatique
2.2
Atelier d'écriture dramatique
DOMAINE 3 : LA PRESENCE DU THEATRE AU COLLEGE,
ET SON ARTICULATION AUX PROGRAMMES DU LYCEE
3.1
L'atelier artistique et son inscription dans un collège
3.2
De la résidence
à l'intervention, le partenariat dans l'école
DOMAINE 4 : ENSEIGNEMENT DU THEATRE ET ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS AU LYCEE 4.1
Aborder l'objet d'étude : " Théâtre, texte et représentation "
4.2
Le théâtre français en vers dans l'enseignement des lettres et du théâtre
DOMAINE 5 : LE THEATRE ET SON APPORT DURABLE DANS LE PARCOURS DE L'ELEVE 5.1
Le choix du théâtre dans un parcours d'élève : quels enjeux, quels obstacles ?
5.1
Le choix du théâtre dans un parcours d'élève : quels enjeux, quels obstacles ?
DOMAINE 6 : RENDRE COMPTE DU SPECTACLE 6.1
Peut-on lire le spectacle ? Le théâtre et la question du sens
6.2
Ecrire sur la représentation théâtrale
DOMAINE 7 : LE ROLE DES STRUCTURES ET LA FORMATION DU SPECTATEUR,
DANS ET HORS DE LA CLASSE
7.1
Les théâtres comme écoles de dramaturgie
7.2
Quand un théâtre donne le goût du théâtre
DOMAINE 8 : THEATRE ET TRANSDISCIPLINARITE 8.1
Traduction et dramaturgie

8.2
Cinéma et théâtre: captation et adaptation



ARGUMENTAIRE DETAILLE DES ATELIERS
DOMAINE 1 : OUTILS PEDAGOGIQUES, USAGE DES SITES, MULTIMEDIA

Atelier 1.1 : 26 mai

Comment la trace du spectacle peut-elle servir l'étude du théâtre ?

Argument : Le temps des maigres cahiers iconographiques en noir et blanc, jaunissants et sans âge, des vieux " petits classiques " a vécu. La couleur, la datation, les légendes commentées, le lien entre images du spectacle et étude du texte, le renvoi à des sites pédagogiques, ouvrent une ère nouvelle où l'édition scolaire et parascolaire ose désormais suivre au plus près la création théâtrale et en partager le risque. Quelles questions didactiques cette ouverture pose-t-elle aux concepteurs d'outils pédagogiques ? Quelles transformations induit-elle pour l'enseignant qui voit la trace du spectacle quitter les archives d'anthologie pour approcher de la chaleur du reportage ?

Avec : Yves Ravey, auteur dramatique, Jean-Michel Ribes, metteur en scène, Michelle Béguin, IA-IPR, Jean-Marie Bigeard, IA-IPR, Jean-Claude Lallias, directeur de collection pour le théâtre au CNDP, professeur à l'IUFM de Créteil, Jean-Luc Vincent, professeur détaché, auteur d'études sur le théâtre pour le domaine parascolaire.


Atelier 1.2 : 27 mai

La pièce au prisme de la captation : du plateau à l'étude en classe,
l'école du spectateur dans les coulisses du spectacle.

Argument : Supplantant la cassette VHS, le DVD-Rom et ses fameux " bonus " s'impose peu à peu comme l'outil pédagogique majeur de la lecture du spectacle, même s'il n'est pas question de le substituer à l'expérience de la représentation. La captation, objet hybride fruit du travail d'un réalisateur, hésite entre faire œuvre nouvelle (et l'assumer), ou bien tenter de disparaître dans un impossible rapport servile à la mise en scène. Cette ambiguïté pendulaire, qui semble la fatalité du genre, ne doit pourtant pas faire mépriser l'apport de la captation pour l'accès de l'élève au texte de théâtre, sur le plan de la compréhension littérale comme de la dramaturgie. Mais la pièce " captée " est-elle le même objet que la pièce jouée ? Le numérique, en dilatant à l'infini les possibilités d'arrêt et de relecture, en fixant plus que jamais la mise en scène d'un jour sous un certain angle et un certain cadrage, est-il l'instrument d'une nouvelle exploration du jeu ? Le DVD, ami ou ennemi de la lecture analytique ?

Avec : Daniel Mesguich, metteur en scène et acteur, Anne Cressent, comédienne, Jean-Claude Lallias, directeur du département " Théâtre " au CNDP, Pascal Peyrou, Directeur Général de la SOPAT, Philippe Miquel, réalisateur (captation de L'Ecole des femmes, m. e. s. de Jacques Lassalle), Françoise Gomez, IA-IPR.


DOMAINE 2 : ECRITURE DRAMATIQUE ET INVENTION

Atelier 2 : 26 mai et 27 mai

Atelier d'écriture dramatique, sur deux jours.

Argument : La pratique de l'écriture dramatique est l'un des moyens les plus sûrs pour faire accéder, de l'intérieur, à la dimension dramaturgique du texte de théâtre. C'est cette découverte que propose, sur deux jours en continuité, cet atelier piloté par deux auteurs habitués à faire partager les chemins de la création.
La pratique n'excluant pas le retour réflexif, il sera aussi question du placement pédagogique de l'écrivain lorsqu'il intervient, en résidence de création, dans des ateliers en milieu scolaire. Cette invitation créative à l'écriture, en particulier lorsqu'elle se plie aux contraintes de la scène (ou de la scénarisation) constitue une préparation fondamentale à l'écriture d'invention, telle qu'elle est pratiquée au baccalauréat de français depuis 2001. Il y a là une perspective pédagogique à explorer : le théâtre, inventeur de nouveaux modes de passage à l'écriture.

Avec : Michel Azama, auteur dramatique, formateur et auteur de l'anthologie De Godot à Zucco (CNDP-Editions théâtrales) professeur de lettres, Bruno Allain, auteur dramatique en résidence et pilote d'ateliers, Marie-Louise Issaurat, IA-IPR, Frédérique Wolf-Michaux, comédienne, metteur en scène et chanteuse.



DOMAINE 3 : LA PRESENCE DU THEATRE AU COLLEGE
ET SON ARTICULATION AUX PROGRAMMES DU LYCEE

Atelier 3.1 : 26 mai

L'atelier artistique et son inscription dans un collège

Argument : Le théâtre, comme le cinéma ou l'histoire de l'art, n'est pas, au niveau du collège, l'objet d'un enseignement artistique propre. En dépit de la circulaire du 30 octobre 2003 préconisant une diversification de l'offre artistique en 3ème sur la base du volontariat des établissements, malgré l'avancée que représentent les certifications complémentaires auxquelles vont pouvoir postuler en 2005 les enseignants détenteurs d'une double expérience, le théâtre, dans les collèges de France, est pour le moment présent sous deux formes très différentes : d'une part en tant que partie constitutive des programmes de français, d'autre part en tant qu'activité artistique périscolaire, l'atelier artistique (sans oublier, en 6ème, le maintien des classes à PAC qui insèrent un projet artistique et culturel (PAC) dans une séquence de l'année). L'une de ces formes est-elle trop scolaire et l'autre trop peu ? En tout cas il semble indispensable de jeter des liens entre les deux.

Avec : Damien Dorsaz, acteur réalisateur, Robert Abirached, professeur des universités, et pour l'équipe de l'atelier artistique théâtre du collège Claude Monet de Val d'Argenteuil, qui a vu la réalisation du film Un Oiseau dans la cité : Madame Caroline Auville, professeur de français de la classe, Dianko Diaouné, ancien élève de l'atelier ; Monsieur Jean-Paul Gilliard, principal du collège de Marquion (62) ; Maryse Adam-Maillet, IA-IPR.

Atelier 3.2 : 27 mai

De la résidence à l'intervention, le partenariat dans l'école

Argument : Le partenaire artistique professionnel est le collaborateur indispensable des enseignements et des activités de théâtre. Mais son mode de rayonnement peut encore prendre d'autres formes et toucher un public élargi, surtout lorsqu'une structure, missionnée pour donner à la création qu'elle abrite la plus large diffusion possible, invente de nouvelles formes dialogiques théâtre-école. Il n'est pas rare que la vie scolaire trouve, par ce détour, un poumon expressif, une manière de se dire qui lui permet de ne pas imploser.
Quant au " couple " partenarial professeur-artiste, il est l'un des lieux de concertation et de confrontation les plus féconds qui soient : " condamné " à l'authenticité pour réussir, mi-fusionnel, mi-critique, il ne peut avancer sans se repenser et se redéfinir sans cesse. Peut-on définir les grandes lignes d'un partenariat idéal ? Est-ce souhaitable ?

Avec : Dorothée Burillon, secrétaire générale du Théâtre de l'Athénée, Jean-Pierre Jourdain, secrétaire général de la Comédie Française, Claude Riva, rédacteur en chef de L'Ecole des lettres, La Maison du Geste et de l'Image (MGI) de Paris (en alternance : Françoise Maurice, Isabelle Bertola, directrice du Théâtre de la Marionnette, Frédérique Plain, assistante de Jean-Pierre Vincent), et Josiane Murat, IA-IPR.

 

DOMAINE 4 : ENSEIGNEMENT DU THEATRE ET ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS AU LYCEE

Atelier 4.1 : 26 mai

Aborder l'objet d'étude : " Théâtre, texte et représentation "

Argument : Depuis la mise en place des nouveaux programmes de français de première en 2001 ; le théâtre constitue, aux côtés de la poésie, de l'argumentation, etc., un objet d'étude ainsi libellé : " Le théâtre : texte et représentation ". Sur la valeur de la copule " et ", on s'accordera à dire qu'elle n'est ni de pure succession, ni forcément de causalité. Cependant le texte se donne, peu ou prou, comme un invariant éditorial, tandis que la représentation, dans sa relativité et sa matérialité, se vit chaque soir sous le régime de la variabilité.
Comment l'étude en classe peut-elle accueillir, préparer, et accompagner cette épreuve de l' " œuvre ouverte " (pour reprendre les termes d'Eco) que lui apporte le théâtre ?

Avec : Michel Corvin, professeur émérite Université de la Sorbonne Nouvelle, Jacques Lassalle, metteur en scène, Béatrice Picon-Vallin, chercheur au CNRS, Jean Jordy, Inspecteur Général de lettres.


Atelier 4.2 : 27 mai

Le théâtre français en vers dans l'enseignement des lettres et du théâtre

Argument : Le mètre dramatique dont l'expression française consacrée reste l'alexandrin, propose (parfois oppose) à l'enseignement des lettres et du théâtre une problématique d'une richesse sans égale. Forme fixe, il revendique clairement la fonction poétique du dialogue rimé et rythmé __ mais ce ne doit jamais être aux dépens de la fonction dramatique, nous répètent les préfaces de Racine. Par sa contrainte même, tous ses interprètes en témoignent, ce vers est un lieu paradoxal de liberté. Apparemment anhistorique, il suffit d'en écouter la pulsation pour y découvrir le plus fin sismographe de l'histoire littéraire.
Autant dire que pour le professeur comme pour l'élève, le théâtre en vers à forme fixe est une passionnante école de la complexité, un lieu spéculaire unique, où s'offrent toutes les tentations et les ressources de la langue. L'histoire de la récitation scolaire ne s'y est jamais trompée. Il n'y a qu'un seul véritable obstacle à cette initiation, en 2005 comme en 1637 ou en 1830 : c'est l'académisme. Grâce aux témoignages de grands spécialistes et des responsables de formation, il est temps, aujourd'hui comme toujours, de refaire la révolution poétique du vers.

Avec : Anne Delbée, metteur en scène et professeur d'art dramatique, Mady Mantelin, comédienne du Théâtre à deux voix, Danièle Girard, professeur de lettres et de théâtre, François Didier, IA-IPR.

 


DOMAINE 5 : LE THEATRE ET SON APPORT DURABLE DANS LE PARCOURS DE L'ELEVE

Atelier 5.1 : 26 mai

Le choix du théâtre dans un parcours d'élève : quels enjeux, quels obstacles ?

Argument : Aujourd'hui où les enseignements artistiques ont fait leurs preuves et contribuent à la longévité des sections littéraires, le choix du théâtre ne va toujours pas de soi dans un parcours d'élève. A la charnière du collège et du lycée, point d'observation révélateur s'il en est, les raisons apparaissent de deux ordres : les unes, liées à l'orientation, à la carte scolaire, aux politiques des académies et des établissements, tiennent à la compatibilité toujours difficile entre l'enseignement optionnel du théâtre et les autres options choisies par des élèves non spécialistes (tous ceux qui ne sont pas en section L) ; les autres reposent sur les représentations que la société civile attache au théâtre, et qui conditionnent le choix des familles.
Pourtant, rien ne reste peut-être plus vif dans le souvenir d'un élève que la rencontre avec la pratique théâtrale : des choix effectués à l'université prennent parfois leur source dans un atelier artistique rencontré en cinquième ! A l'heure des nécessaires comparaisons européennes, un état des lieux peut commencer à s'esquisser. Le professeur qui voit évoluer le profil des générations successives doit trouver des clés d'analyse dans le regard complémentaire des artistes intervenants et des chefs d'établissements.

Avec : Jean-Marcel Grandame et Yves Lebugle, proviseurs, Laurent Hatat, metteur en scène, Albert Rombeaut, professeur de lettres et de théâtre en lycée général et technologique, Dany Mesguich, professeur au Lycée Professionnel Armand Carrel de Paris et formatrice, Anne Armand, Inspectrice Générale.


Atelier 5.2 : 26 mai

La pratique théâtrale du texte et la fonction poétique de la langue


Argument : Depuis le dithyrambe archaïque des Grecs, le théâtre est parole portée devant une assemblée, et sa présence passe par une inter-subjectivité. Aujourd'hui encore, la lecture, la mémorisation, l'interprétation font de la pratique théâtrale du texte le révélateur de la fonction poétique de la langue, dans la perspective de sa transmission. A l'école aussi, le théâtre est ce qui doit être ré-insufflé au texte pour le faire vivre.

Avec : Christian Rist, Directeur du Studio Le Voir-dit, Arnauld Lisbonne, administrateur du Voir-dit, Mady Mantelin, comédienne.

Entre autres illustrations : L'atelier se fonde sur les recherches menées par l'équipe du Studio du Voir-Dit (Paris 20e) parallèlement aux mises en scène de son directeur, Christian Rist.

Il a été demandé aux participants de venir à l'atelier avec un passage d'un texte littéraire de quatre lignes environ, texte soit mémorisé, soit lu. Des exemples sont lisibles sur le site du Studio : www.voirdit.org



DOMAINE 6 : RENDRE COMPTE DU SPECTACLE

Atelier 6.1 : 26 mai

Peut-on lire le spectacle ?
Le théâtre et la question du sens

Argument : Au théâtre, dit Peter Brook, les questions les plus difficiles ont toujours l'air très simples. Ainsi de " Qui est là ? ", la question qui ouvre Hamlet et dont Peter Brook a justement fait le titre de l'un de ses spectacles. De même l'enseignement du théâtre pose-t-il la question : " Qu'est-ce que je comprends ? et pourquoi ? " Le texte de théâtre est avare de commentaires sur lui-même, on le sait, il ne livre pas aisément le principe de sa cohérence. Dès lors qu'il s'agit de rendre compte d'une mise en scène, de donner à voir à qui n'aurait pas vu, le compte rendu, qu'il soit celui du réalisateur captant l'essence d'une recherche, du critique rédigeant son " papier ", ou de l'élève devant sa copie, le compte rendu se heurte à la difficile élaboration du sens. " Regarde bien, car tout est signe " prescrit souvent le professeur à l'élève, et l'élève d'adresser à chaque " signe " la question : " Qu'est-ce que cela veut dire ? " Pour sortir de l'impasse de cette projection linguistique comme pour ne pas s'épuiser dans la capture d'indices, il est nécessaire de ré-examiner avec quelque rigueur cette sémiologie qui n'ose plus dire son nom. Il est nécessaire aussi de pouvoir partager avec l'acteur la perception qu'il a de son propre langage.

Avec : Robert Cantarella, metteur en scène, directeur du Théâtre Dijon Bourgogne, Gilles Costaz, critique dramatique, Guillaume Tobo, acteur et metteur en scène, directeur de la compagnie " Bordcadre ", un acteur de " Bordcadre ", et Françoise Gomez, IA-IPR.

Entre autres illustrations... Synopsis de l'intervention de Robert Cantarella : " La réception des formes théâtrales et le temps de l'acteur : longue maturation, préparation, temps d'infusion et de lecture, puis exposition immédiate au moment de la représentation, une double obligation qui permet parfois de mieux appréhender le commerce des hommes. Le théâtre de Vinaver, et particulièrement l'expérience du 9/11 créé à Los Angeles en avril 2005, aura permis d'en dégager des savoirs passagers. "

Michel Vinaver apporte par ailleurs un complément à cette réflexion sous la forme d'un texte inédit sur la lecture du texte de théâtre (voir Actes de la DESCO à paraître).

Atelier 6.2 : 27 mai
Ecrire sur la représentation théâtrale

(atelier dans la continuité du précédent)

Argument : Situé dans la continuité logique de l'atelier précédent, cet atelier proposera d'aborder par la pratique l'écriture sur le spectacle, accueillant et inventant des formes renouvelées de compagnonnage avec la création théâtrale, qui ne soient ni le décalque de l'approche critique, ni celui de l'approche universitaire. Pour une poétique de la représentation.

Avec : Joseph Danan, maître de conférences à la Sorbonne Nouvelle en arts du spectacle, et, pour la restitution finale à l'auteur et à son interprète (dernière demi-heure de l'atelier) : Sophie-Aude Picon, actrice dans Marcel B. (voir ci-dessous), et Hedi Tillette de Clermont-Tonnerre, auteur dramatique et metteur en scène.

Illustration : Marcel B. , de Hedi Tillettte de Clermont-Tonnerre,
spectacle proposé la veille au soir au Théâtre de la Cité Internationale.


DOMAINE 7 : LE ROLE DES STRUCTURES ET LA FORMATION DU SPECTATEUR,
DANS ET HORS DE LA CLASSE

Atelier 7.1 : 26 mai


Les théâtres comme école de dramaturgie

Argument : Si des théâtres de plus en plus nombreux, loin d'attendre leur public derrière le guichet des abonnements, se préoccupent de le former et donc de l'élargir, ils poussent parfois l'expérience jusqu'à lui enseigner le théâtre au bord du plateau. Cours publics de dramaturgie accompagnant une saison, lectures à la table enregistrées et diffusées en ligne pour préparer le venue de spectacles invités, débats sur les œuvres, cheminements avec les équipes artistiques… Plus que jamais, pour parodier une belle formule à double sens que nous a laissée Jacques Derrida : " L'école a tout à apprendre au théâtre ".

Avec : Yannic Mancel, conseiller artistique et littéraire auprès de Stuart Seide, Théâtre du Nord, Françoise Du Chaxel, écrivain associé au Théâtre de la Cité internationale, Alain Milianti, directeur du Volcan, scène nationale du Havre, ou son représentant, Pascal Collin, professeur de lettres et de théâtre en classes préparatoires, formateur et dramaturge.


Atelier 7.2 : 27 mai

Quand un théâtre donne le goût du théâtre

Argument : Souligné par la récente circulaire co-signée des Ministres de la Culture et de l'Education de janvier 2005, le rôle des structures théâtrales, soutenu par les collectivités, est devenu un élément moteur de l'enseignement du théâtre, même si ses formes échappent par définition au cadrage des programmes. Quelles sont les formes de coopération avec l'école nées de cette implication ? Comment l'élève peut-il en être non seulement le bénéficiaire, mais aussi l'ambassadeur ? Pour les directeurs des structures, cette forme nouvelle de présence dans la cité et de préparation du public futur change-t-elle la perception de leur mission ?

Avec : Lew Bogdan, directeur du Phénix à Valenciennes, Jacques Connort, Directeur du Studio-théâtre de la Comédie Française, Philippe Coutant, directeur de la Maison de la Culture de Loire Atlantique, Robert Llorca, metteur en scène, directeur adjoint du Théâtre d'Evreux, et Patrick Even, professeur délégué à la DAAC du rectorat de Nantes.


DOMAINE 8 : THEATRE ET TRANSDISCIPLINARITE

Atelier 8.1 : 27 mai
Traduction et dramaturgie

Argument : Mettre en scène, c'est traduire. Mettre en scène après avoir traduit, ou traduire en vue de la mise en scène, ce serait donc doublement traduire. Ou plutôt ne serait-ce pas déjà anticiper dans la traduction de l'œuvre ce que sera la mise en scène à venir, écouter le verbe théâtral aux portes de sa future profération ?
La question se renforce lorsque l'œuvre traduite ne bénéficie plus de la référence du locuteur vivant (le native speaker cher aux linguistes) mais se trouve écrite dans une langue ancienne dont le contexte historique est révolu. Pour le professeur de lettres appelé lui-même à enseigner cette langue ancienne, un champ pédagogique d'une extrême richesse peut s'ouvrir, dès lors qu'il voit dans le théâtre son allié et non pas son concurrent. Occasion magistrale de renouer avec le souffle d'Epidaure, quand, selon la belle formule de Jean-Pierre Vernant, " le théâtre commence quand le mythe cesse d'être une légende pour se faire problème aux yeux des citoyens. "

Avec : Pierre Judet de la Combe, professeur des Universités, traducteur, Marie Cosnay et Camille Lay, professeurs, Daniel Loayza, professeur de Première supérieure, traducteur, conseiller littéraire et artistique de Georges Lavaudant, et Pascal Charvet, Inspecteur Général de lettres et de théâtre.

ATELIER 8.2 :27 MAI

Cinéma et théâtre: captation et adaptation

Argument : Trop longtemps recherche théâtrale et recherche cinématographique se sont mutuellement ignorées. L'évolution des programmes, qui reflète quoi qu'on en dise l'évolution des élèves et des enseignants, leurs rapports à la culture et aux medias, invite à dissoudre ce cloisonnement.
Pour l'élève et pour le professeur d'aujourd'hui, il n'est ni hérétique ni contre-nature d'étudier une pièce en recourant, certes de manière comparative, à l'adaptation cinématographique qui a pu en être faite. Ce n'est donc pas seulement la captation, mais aussi l'adaptation cinématographique qui doit retenir en tant que telle notre attention. Au demeurant ni l'une ni l'autre ne sauraient bien sûr se donner comme équivalant à la représentation théâtrale.
Dans ce dernier atelier les pédagogues du théâtre, qui sont parfois aussi pédagogues en cinéma, pourront échanger leur expérience avec l'un des chercheurs qui a le plus travaillé les liens du littéraire et du filmique. Ce dernier présentera une contribution " à quatre mains ", conçu en dialogue avec un professeur chercheur en théâtre, responsable de la formation des enseignants en théâtre à l'IUFM de Versailles.


Avec : Béatrice Picon-Vallin, chercheur au CNRS, Francis Vanoye, professeur d'études cinématographiques à l'Université de Paris X, Dominique Bax, Directrice du Festival " Théâtres au cinéma " de Bobigny, Denise Schropfer, maître de conférences en études théâtrales, responsable de la formation des enseignants en théâtre à l'IUFM de Versailles.

Date de publication : 03/04/2006 13:25

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