Le projet du Conseil Général du Val d'oise

Un "partenariat très fort" a été monté avec plusieurs villes valdoisiennes dans la droite ligne du "rôle de mutualisation et d’impulsion" tenu historiquement par le Conseil général vis-à-vis notamment du premier degré, indique François Jollivet, directeur de l’éducation et du sport du Conseil général du Val d'Oise.

Par ailleurs, il est à noter que la Région Ile-de-France va proposer aux Conseils généraux franciliens de nouer des partenariats sur l'accompagnement à la scolarité et l'information et l’orientation. François Jollivet précise que la Région "entend signer d'ici un an une convention cadre".

Le consortium présenté pour le projet du Val d'Oise regroupe une dizaine de villes, en relation avec l'inspection académique et le CRDP. L'évaluation du dispositif est effectuée par l'ESSEC (Chaire entrepreunariat social)

Le projet porté par le Val d'Oise est mis en œuvre localement par les villes avec un "accompagnement étroit" de la part des inspecteurs de l'Éducation nationale et des responsables de collège. Des associations locales sont également partie prenante. Les autres partenaires du projet sont Éducation & Territoires pour l'accompagnement et la formation et Paraschool pour les ressources pédagogiques. Le Conseil général reste garant dans le cadre d’un pilotage départemental de la cohérence des actions. 

vue de l'assistance

La mise en œuvre initiale du projet se fait via "une rencontre par commune, pilotée par les villes pour présenter l'expérimentation et voir quelle déclinaison est possible dans les contextes particuliers à chaque commune", poursuit François Jollivet. Suit alors un "mini audit des pratiques liées à l'utilisation des TICE", assuré par l'ESSEC. Des journées de formation gratuites dans chaque commune sont organisées pour les accompagnateurs des collèges, les associations et les collaborateurs des services municipaux. Cela permet de "tisser des liens et de développer un réseau informel au niveau de la ville pour l'accompagnement des enfants". Dans les mois à venir, "vraisemblablement courant mai", l'ESSEC refera une enquête sur les usages qui ont fonctionné "pour calculer l'écart entre avant et après la mise en place". Sont aujourd'hui engagés 22 écoles, 23 collèges, 14 associations labellisées CLAS (Contrat local d'accompagnement à la scolarité) et 19 structures municipales. Le dispositif est limité dans un premier temps à 10 villes mais pourrait impliquer à moyen terme une vingtaine de villes de plus de 10 000 habitants.

Un portail Internet (@nper) permet d’offrir des ressources existantes à travers trois entrées (scolaire, éducative et ludique). Les ressources Paraschool sont mises gratuitement à disposition des établissements scolaires comme outils de soutien scolaire. Le site web met aussi en accès des contenus en jeux éducatifs, des ressources autour de la découverte (avec notamment les services Géoportail et MétéoFrance). Un blog permet de remonter l'information autour de l'usage de certaines ressources pour déterminer "ce qui fonctionne ou pas". Éducation & Territoires et le CRDP du Val d'Oise s'occupent de l'animation. Une difficulté évoquée par le Conseil général est de parvenir à identifier "le bon représentant communal". De plus, "l'Éducation nationale pour le premier degré doit évoluer vers le mode projet". Autre problème, l'implication des enseignants "ne repose que sur le bénévolat alors que tous les autres acteurs sont payés pour être formés et intervenir sur le projet". Selon François Jollivet, il est "difficile pour une collectivité de salarier des enseignants". Si de telles pratiques existent "au titre de l'aide à la restauration ou des activités sportives, elles posent toujours des problèmes évidents".

Les collaborateurs du Val d'Oise soulignent qu'ils ont "volontairement un nombre limité de ressources pour être tout de suite opérationnels". Cette approche marque une "différence par rapport à ce qui se fait ailleurs". Selon le directeur du CDDP, "chaque commune reste maître de son dispositif d'accompagnement à la scolarité avec une idée de réseau qui se constitue pour un usage plus pertinent des TICE". Selon lui, "les ressources sont pléthores mais comment les utiliser avec les enfants ?" Il convient de distinguer le public des jeunes selon qu'ils sont au collège ou au primaire.

"Le projet du Val d'Oise est-il ciblé sur des élèves en difficulté ou sur l'ensemble des élèves ?", questionne Alain-Marie Bassy, inspecteur général de l’administration de l'Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il s'adresse "prioritairement aux élèves en difficulté" mais les partenaires "s'en remettent à la compétence des établissements et ce qu'il est possible de faire pour les uns est possible pour les autres. Si une école ou un collège souhaite utiliser cet outil sur le temps scolaire, alors pourquoi pas ?" Selon un participant de la salle, un tel dispositif ne semble "pas forcément adapté aux élèves en très grande difficulté".

Dernière mise à jour : 27/04/2007