Jean-François Cochet, directeur général de Domicours, estime que le projet qu'il présente avec les éditions Odile Jacob multimédia occupe une "position particulière par rapport aux autres". Il n'est issu ni d'une collectivité locale, ni du ministère et "a donc une vision un peu différente". Pour Jean-François Cochet, le collège et le lycée sont aujourd’hui devenus, du fait de l’évolution de la société, des "lieux de compétition". Si l’on souhaite généraliser le soutien, cela nécessitera un nombre de tuteurs important. En outre, un tiers des étudiants doivent travailler pour payer leurs études, sont donc susceptibles "d'aller vers des structures qui les rémunèrent".
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Pour Henri Verdier, d'Odile Jacob multimédia, il n'y a "pas beaucoup de marge de manœuvre dans l'éducation". Les deux partenaires "se sont rapprochés pour développer une solution économique et généralisable nationalement" à partir de la collection TDMaths et en développant le logiciel "Club des petits chercheurs", issu de l'opération "La main à la pâte". Domicours et Odile Jacob travaillent avec des conseils généraux sur "une solution où les plus aisés payeraient plus et les moins aisés moins", selon le principe du quotient familial. Un des problèmes est que, pour "les associations de parents d'élèves, si le dispositif est approuvé nationalement, alors il doit être gratuit".
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Le projet Domicours-Odile Jacob multimédia implique également la Cité des Sciences et de l'Industrie, qui "pense que la promesse de soutien scolaire fera venir des gens qui ne viennent pas pour l'instant", indique Henri Verdier. Pour lui, "la question des équipements informatiques reste un vrai problème : il faut une présence humaine avec une forte compétence pour utiliser une salle réseau".
Après avoir travaillé avec des associations intervenant sur le social, Henri Verdier les décrit comme "extrêmement intéressées" mais constate que ces intervenants "ne sont pas là pour faire du scolaire, ce serait même un peu contradictoire avec leur mission", car "ils ne sont pas là pour noter, classer, hiérarchiser mais pour inclure". Il considère leur action comme "un peu indifférente au point de vue pédagogique strict et didactique" avec l'objectif que les élèves viennent au moins à une séance sur deux. De plus, aborder les questions de l'évaluation avec ces associations "a jeté un froid".
Les familles dépensent beaucoup pour le soutien scolaire, entre un et deux milliards d'euros par an. Selon Henri Verdier, "il faudra un jour affronter la question de politique publique avec de l'argent sur la table". Il ne faut pas "non plus que le bénévolat cache d'autres arbres", ceux de l'utilité des dispositifs. L'accompagnement à la scolarité doit devenir "une compétence reconnue sur un CV". Il évoque aussi le "besoin d'un cadre national pour savoir qui fait quoi, qui finance, comment évaluer le succès, qui a besoin et quel type de soutien scolaire, etc."
Selon Henri Verdier, les projets d'accompagnement à la scolarité "permettent un filet de protection mais l'école est une grande compétition car la société ne propose pas aujourd'hui assez d'emploi. On peut faire davantage de soutien scolaire, il y en aura toujours certains qui prendront 10 heures de plus que les autres, il faut donc une vraie politique publique". Pour Nicolas Delesque, de l'AFEV, il ne faut pas confondre "soutien scolaire et accompagnement à la scolarité". Selon lui, "on peut prendre les chiffres dans tous les sens mais il y a 150 000 jeunes qui sortent chaque année sans aucun diplôme". Cela "interroge l'Éducation nationale" car il ne s'agit "pas seulement d'une histoire de gros sous". Nicolas Delesque rappelle que "ce qui est consacré au soutien scolaire par les familles est plus important que ce qui est consacré aux ZEP. C'est une question politique, savoir ce qu'on veut comme éducation dans notre pays". Henri Verdier se dit "assez d'accord" avec cette approche.
Dernière mise à jour : 27/04/2007