Le projet "e-volontaires" de l'AFEV

L'AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville) suit environ 10 000 enfants, choisis par le personnel enseignant, avec 5 000 étudiants bénévoles. Chaque intervention implique un partenariat local. Le portail web du projet donne notamment accès à des micro-sites pour créer des blogs de quartier, "car on apprend mieux quand on situe l'information dans un contexte familier", indique Nicolas Delesque, secrétaire général de l’AFEV. Le dispositif d'accompagnement à la scolarité mis en place correspond à "une approche individualisée avec un présentiel très fort", sous forme d'un "accompagnement individuel sur deux heures par semaine". Les étudiants sont bénévoles, ils donnent gratuitement du temps pour créer un lien sur l'accompagnement scolaire. Il ne s'agit pas d'apport "strictement disciplinaire mais d'un soutien méthodologique et d'une ouverture sur le monde". Chaque accompagnement est donc "par nature différent".

Les enfants de milieux populaires ont des parents qui parfois ne se sentent pas à l'aise avec l'outil Internet, constate Nicolas Delesque. Le portail "fonctionne avec les sites labellisés au niveau national et les micro-sites d'initiatives locales souvent portés par des volontaires de l'AFEV". L'association propose aux étudiants d'identifier les lieux d'accès au numérique dans la ville en emmenant l'élève à la bibliothèque par exemple. L'AFEV a aussi réalisé des clés USB avec des ressources pédagogiques.

Le site du projet porté par l'AFEV ouvre le 1er mars 2007. L'enjeu est que chaque bénévole "apporte des choses, crée des ressources à mutualiser". Les étudiants sont aussi vecteurs auprès des enseignants et des familles pour utiliser les ressources. Ils sont sollicités pour la constitution de lieux "avec la problématique de savoir comment les familles les plus éloignées puissent s'approprier ces technologies". L'important est donc d'entretenir un "climat de confiance" : l'image véhiculée par Internet renvoie avant tout au "attention danger", il y a donc "une politique culturelle à mener".

vue de l'assistance

Le recteur du CNED, Jean-Michel Lacroix, demande si l'AFEV a "réussi à avoir des crédits d'équivalence" de type ECTS. L'association "le faisait depuis longtemps", répond Nicolas Delesque mais "à la fois le LMD et le projet 100 000 étudiants font que ce sont des pratiques qui se mettent en place". Pour l'étudiant volontaire, "avec rédaction d'un mémoire, cela correspond à entre 3 et 5 ECTS". "Quelle est l'articulation avec le projet 100 000 étudiants ?", demande Alain-Marie Bassy. "Tout dépend des rectorats, qui sont parfois maîtres d'œuvre et qui gardent la main." L'enjeu est le recrutement des étudiants : jusqu'à maintenant l'AFEV doit "plutôt convaincre les acteurs qu'il est intéressant de faire intervenir des bénévoles", la pertinence de cette approche "est maintenant reconnue". Nicolas Delesque souligne que l'association "était sur du recrutement artisanal avec des interventions en amphithéâtre, des distributions de tracts et du collage d'affiches pour passer maintenant à un autre modèle avec l'idée de proposer ce système comme une matière universitaire optionnelle au même titre que le sport". Selon Benoît Sillard, "il faut regarder les liens avec le C2i".

"Quelle est expression des besoins des enseignants ?", interroge Michèle Barrière, de Jériko. L'AFEV intervient comme "bouche-trou" : les étudiants sont "amenés à prendre en charge les enfants les plus en difficulté scolaire et qui ont aussi des problèmes familiaux. Tous les enfants ne rentrent pas dans le cadre de l'accompagnement scolaire classique en groupe, par exemple les enfants du voyage."

Dernière mise à jour : 27/04/2007