Le projet des CEMEA s'adresse aux enfants qui ont les plus grandes difficultés scolaires et qui sont souvent très éloignés de tous les dispositifs d'accompagnement à la scolarité, indique Zahra Boudjemaï, directrice du département Politiques et Pratiques Educatives. Les intervenants de tels dispositifs ont du mal à faire venir ces publics, car souvent l'accompagnement "ne correspond pas à l'image des devoirs à l'école" que se font les familles. Celles-ci connaissent aussi parfois des difficultés financières pour entrer dans un dispositif.
Le dispositif s'adresse aux élèves de CM1-CM2 et 6e-5e. Sept sites ont été retenus dans quatre régions de la métropole et trois associations ultramarines : Ile-de-France, Pays de la Loire, Aquitaine, Picardie, Martinique, Guyane, Réunion, "qui ont des besoins spécifiques sur l'accès et la distance". Pour les DOM, un travail particulier est effectué sur la pratique du français avec des élèves qui ont pour langue maternelle le créole. En Guyane, une grande majorité des bénéficiaires viennent de classes non-francophones au primaire. Autre spécificité du dispositif, les parents ont un rôle important dans l'accompagnement à la scolarité. La difficulté est de faire comprendre aux familles que l'ordinateur n'est pas forcément synonyme de jeu, elles qui sont "particulièrement éloignées de ce type d'outils pour l'éducation".
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Les CEMEA s'inscrivent dans une démarche de "pédagogie du détour", indique Zahra Boudjemaï : les enfants ont quitté les espaces d'accès au savoir, il faut donc les accompagner via les TIC vers des espaces où ils continuent à apprendre. La volonté affichée est aussi "d'intégrer la généralisation pour ne pas rester cantonnés à quelques lieux de réussite" et pour que le dispositif ne soit pas seulement adapté à une structure en particulier. Cela demande de former les tuteurs. Il paraît "assez complexe de transmettre la capacité à travailler avec ces publics" et d'utiliser non seulement le numérique mais aussi des supports traditionnels "pour que les familles trouvent une place". En parallèle, les CEMEA travaillent à la réalisation de logiciels pour ces publics en difficulté d’apprentissage, notamment au travers d’une plate forme de défis mathématiques, dans une logique de développement de la "capacité à résoudre des problèmes auxquels l'enfant est confronté dans la vie courante". Pour les CEMEA, "créer est une activité indispensable pour l'acquisition des savoirs".
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Les CEMEA s’appuient sur l'ENT (espace numérique de travail) des éditeurs iTop et Jériko pour ses aspects de communication, d'échanges, de mutualisation et de travail collaboratif. Mais l'objectif du projet des CEMEA est d'adapter cet ENT existant aux élèves, familles, éducateurs, dans une approche spécifique d’accompagnement à la scolarité. Pour "faire remonter les aspects pédagogiques", les CEMEA vont proposer des outils de scénarisation, des "ressources spécifiques" et un outil pour les animateurs "avec notamment le référencement de fiches pédagogiques".
Thierry de Vulpillières, représentant le Syntec informatique, demande si quelque chose est prévu dans le projet pour le B2i (brevet informatique et Internet). Le B2i est prévu comme "partie intégrante de l'acquisition côté élève" mais le projet prévoit aussi "un référentiel de compétences" côté animateurs, répond François Laboulais, chargé de mission Enfants, écrans, jeunes et médias aux CEMEA. La logique retenue est "transversale avec une approche B2i dans toutes les matières".
Pour Michèle Barrière, de Jériko, le projet s'inscrit "dans la complémentarité" entre les acteurs qui y participent, les CEMEA, Jériko et Carré multimédia qui ont déjà des catalogues de ressources pédagogiques. Par rapport au B2i, "il y aura un apport de ressources éditoriales adaptées et création de nouvelles ressources". Les partenaires "utiliseront les référentiels de compétences créés par les CEMEA". Les CEMEA réfléchissent à un ENT "qui va au-delà du modèle classique". Il s'agit de proposer un "livret de compétences" à remplir par l'ensemble des acteurs : tuteurs, familles, élèves, poursuit Zahra Boudjemaï.
"Quelles sont les relations avec les collectivités ?", demande Philippe Méro, consultant, chargé de l’animation des séances plénières du séminaire. Les Régions métropolitaines impliquées dans le projet avaient déjà en leur sein des dispositifs d'accompagnement à la scolarité. Une première formation des animateurs est intervenue les 17 et 18 janvier, une deuxième session est prévue début mai 2007. Les représentants des collectivités étaient présents avec des référents responsables de collèges ou de sites associatifs. Les "blocs" mathématiques, lecture-écriture et activités scientifiques ont démarré en phase d'expérimentation. Le matériel arrive maintenant dans les lieux de formation et il est d'ores et déjà possible de délivrer trois fois 20 heures d'accompagnement.
Dernière mise à jour : 27/04/2007