Un parcours sur Internet : l'édition électronique

Dans le cadre de la rubrique " Lire, écrire, publier aujourd'hui ", le professeur peut proposer à ses élèves un parcours du type : l'édition sur l'internet. Les élèves peuvent travailler par groupes sur l'un des thèmes du parcours. Ces suggestions sont à adapter à chaque public et à moduler selon les objectifs de la séquence dans laquelle ce parcours s'intègre. La synthèse peut être faite oralement.

L'ÉDITION ET L'INTERNET

1. Maisons d'édition en ligne

A partir des sites de Zéro heure : http://www.00h00.com, Cylibris : http://www.editions-cylibris.fr, les élèves seront amenés à s'interroger sur les spécificités de l'édition électronique.

  • En quoi s'agit-il de véritables maisons d'édition ? Comment se distinguent-elles des librairies en ligne ?
  • Ont-elles des liens avec des maisons d'édition plus classiques ?
  • En étudiant leur site internet, peut-on définir les grandes lignes de leur politique éditoriale ? Publient-elles des inédits, des livres à faible diffusion ?
  • Utilisent-elles les possibilités offertes par l'électronique (liens hypertexte, mises à jour, etc.) ?
  • Quels services complémentaires offrent-elles aux lecteurs (information par mél, forums, jeux...) ?
  • Que devient l'objet livre ?

2. Sites d'éditeurs littéraires

Les éditeurs sur support papier sont de plus en plus nombreux à avoir un site internet. Pourquoi ?
On peut prendre plusieurs exemples : les Éditions José Corti : http://www.jose-corti.fr, les Éditions de Minuit: http://www.leseditionsdeminuit.fr , Actes Sud: http://www.actes-sud.fr/, Gallimard: http://www.gallimard.fr/, etc.

  • L'éditeur a-t-il à son catalogue des produits multimédias ? Si oui, ya-t-il un lien entre la production multimédia et l'édition ?
  • Le site donne-t-il seulement accès au catalogue ? Les auteurs édités, les œuvres sont-ils présentés (résumé, extraits, articles de presse) ?
  • L'utilisateur a-t-il la possibilité de commander en ligne ?
  • Y a-t-il un espace d'échanges ?
  • Quelle semble être la vocation du site (promouvoir les produits éditoriaux, informer sur la politique éditoriale, etc.) ?

3. Sites d'écrivains

Certains écrivains ont créé leur propre site internet.
On peut comparer par exemple, les sites de Valère Novarina : http://www.novarina.com et de François Bon : http://www.fbon.fr.fm.

  • Pourquoi un écrivain choisit-il de créer un site sur l'internet ? Réalise-t-il ce site lui-même ou en confie-t-il la réalisation à un tiers ?
  • Quel est le contenu de ce site ? Publie-t-il des textes sur son site (déjà publiés, inédits) ?
  • Établit-il une relation avec ses lecteurs ?
  • Peut-on, en parcourant le site, deviner l'opinion qu'il a du monde de l'édition ?
  • Ces deux sites se ressemblent-ils ? Leurs auteurs ont-ils les mêmes motivations ?

4. Revues littéraires en ligne

On peut comparer :
- les sites de journaux comme Libération (page Livres) http://www.liberation.fr/livres/index.html ou Le Monde des Livres : http://www.lemonde.fr/service/0,2321,129-QUO,00.html

- et des sites uniquement en ligne comme " Zazieweb " : un annuaire des sites consacrés à l'actualité littéraire, classés thématiquement http://www.zazieweb.com/, ou la revue " Prétexte : http://perso.club-internet.fr/pretexte " , qui présente une sélection d'articles, des notes de lecture, des entretiens avec de jeunes auteurs contemporains autour d'une première œuvre, des entretiens avec des auteurs, traducteurs, éditeurs...

  • En ce qui concerne les journaux, y a-t-il une mise en page spécifique faite pour l'internet ? Utilise-t-on les liens hypertextuels ? Comment lit-on ces articles sur l'écran ?

  • Quelle est la vocation des sites littéraires qui se créent sur l'internet ? Ces sites sont-ils plus ouverts sur l'édition électronique ? Les sites d'auteurs ?

DOSSIERS COMPLÉMENTAIRES

Des liens

Rapports

  • Le livre électronique, Rapport de synthèse rédigé par Jean-Gabriel Ganascia (GIS Sciences de la Cognition)
    "Pour commencer, partons d'une constatation : avec les autoroutes de l'information, les multimédias, les hypertextes, les vidéos disques, l'interactivité, on nous annonce partout de nouveaux supports et de nouveaux modes d'accès aux connaissances. Or, si tant est qu'ils ont une réalité, ces nouveaux supports et les modes d'accès qui leur correspondent recèlent à l'évidence une dimension cognitive en ce que ce sont des véhicules de connaissances. Les sciences cognitives pourraient donc éventuellement avoir une part dans l'étude de ces nouveaux médias, des effets individuels et sociaux qu'ils induisent, et dans leur perfectionnement. C'est la raison pour laquelle le GIS Sciences de la Cognition a mis sur pied une groupe de réflexion et de prospective consacré à ces questions, c'est aussi la raison pour laquelle il envisage l'opportunité d'actions en cette matière. Le rapport s'organise en quatre parties : le livre électronique, rupture ou continuité ; charge cognitive du livre électronique ; pratiques sociales du livre électronique ; faut-il brûler le livre électronique ? Il propose un certain nombre de mesures.
    Adresse du site : http://www-apa.lip6.fr/GIS.COGNITION/somliv.html

  • Le livre numérique, rapport de la Commission de réflexion présidée par Alain Cordier (mai 1999), publié sur le site du Ministère de la Culture et de la Communication.
    Chargé par le gouvernement français d'étudier les enjeux culturels, sociaux, économiques et juridiques du processus de numérisation des livres, Alain Cordier, président de la Commisssion parlementaire de réflexion sur le Livre numérique préconise plusieurs mesures :

    1. Rendre " permanente " la réflexion esquissée dans ce rapport, en organisant un espace d'échanges entre les professionnels, en veillant à y introduire une dimension internationale.
    2. Promouvoir une offre de contenu développant les nouvelles formes d'écriture permises par le numérique.
    3. Permettre dans le contexte nouveau des technologies numériques une rémunération satisfaisante de la création.
    4. Préparer dès aujourd'hui les générations scolarisées à la fréquentation d'ouvrages numériques.
    Cette intention, qui relève d'une politique de l'Éducation Nationale, orientée vers le souci d'apprendre à apprendre, pourrait se concrétiser dans trois directions :
    - Encourager une pédagogie permettant aux élèves de se familiariser à l'hyperlecture, à la recherche documentaire, et à la pratique de l'échange ; d'acquérir une culture de base, des grilles de lecture personnelles et une autonomie de démarche.
    - Favoriser les initiatives et les efforts qui permettront aux enseignants de se former à l'utilisation des technologies numériques.
    - Prévoir des plans de formation pour les IUFM, avec des investissements d'opérateurs contrôlés par un service de l'Éducation Nationale.
    Ces mesures devront s'inscrire dans une logique de complémentarité entre supports papier et numérique.
    5. Permettre aux espaces de lecture publique de tirer le meilleur parti possible de l'utilisation des nouvelles technologies et développer les facilités d'accès à un fonds numérisé aussi vaste que possible.
    6. Permettre au réseau des libraires de tirer le meilleur parti des technologies numériques pour favoriser la diffusion de la création sous toutes ses formes.
    7. Développer les connaissances en matière de nouvelles technologies pour les différents acteurs de la chaîne du livre.
    8. Confirmer l'attachement à la pluralité de l'offre éditoriale.
    9. Faciliter l'accès aux produits culturels numériques.

    Dans un chapitre intitulé " Penser l'évolution du mode même de penser et d'écrire ", la commission écrit : " Pour aller plus loin, il convient de se préoccuper des conséquences qu'un changement de matérialisation de l'objet livre fait peser sur sa nature et son usage. En effet, le numérique porte, en gestation, de nouvelles écritures et une mise en scène propre à l'informatique : l'écriture se fait en combinant mots, images fixes ou animées et sons - exclusivité jusqu'alors du cinéma et de la télévision - et la mise en scène joue sur l'interactivité, traditionnellement perçue comme l'apanage de la seule presse. La notion même de texte vient à éclater : ce n'est plus le livre papier qui propose un texte construit à travers plusieurs pages au lecteur, mais le lecteur lui-même qui compose un texte, son propre texte, à travers sa manière de parcourir l'espace que lui offre un livre numérique sur cédérom ou sur l'internet. Et il y aura autant de textes que d'itinéraires possibles ! Il conviendra donc de s'interroger sur l'impact du numérique sur le premier et le dernier de ses terminaux, c'est-à-dire l'homme lui-même. "
    Adresse du site : http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/rapports/cordier/intro.htm

Bibliographie

  • Alain Vuillemin, De la lecture assistée par ordinateur à la lecture interactive(Limoges : 1999)

    La perception de ce qu'on appelait la " littérature " se transforme aujourd'hui avec l'essor de l'ordinateur. Comment accédera-t-on aux textes ? Qu'adviendra-t-il des habitudes de lecture ? La révolution technologique qui est en train de se produire aura des conséquences multiples, contradictoires, irréversibles et probablement incommensurables. Pour cerner ce problème, littéraires, linguistes et informaticiens échangent ici leurs points de vue. En s'appuyant sur leur expérience, ils montrent ce que l'informatique peut apporter aux études littéraires et à la lecture à trois niveaux : la lecture érudite, la lecture critique et la lecture esthétique.

  • Christian Vandendorpe, Du papyrus à l'hypertexte - Essai sur les mutations du texte et de la lecture (Éditions La Découverte, 1999)

    L'auteur, qui enseigne au département de lettres françaises de l'université d'Ottawa, présente ainsi les objectifs de son travail : " Jusque vers la fin des années soixante-dix, on pouvait encore croire que l'ordinateur n'aurait d'effet que sur les domaines scientifique et technique. On se rend compte aujourd'hui que cet appareil et les technologies qui l'accompagnent sont en train de révolutionner la façon même dont notre civilisation crée, emmagasine et transmet le savoir. À terme, cette mutation transformera l'outil le plus précieux que l'homme ait inventé pour construire ses connaissances et élaborer son image de soi et du monde : le texte. Et comme celui-ci n'existe qu'en fonction de la lecture, les mutations du premier auront des répercussions sur la seconde de même que celles de la seconde entraîneront nécessairement la mise en place d'autres modes de textualité. On ne lit pas un hypertexte comme on lit un roman, et la navigation sur le web procure une expérience différente de la lecture d'un livre ou d'un journal.
    C'est à ces bouleversements qui touchent les plans de notre civilisation qu'est consacré cet ouvrage. "


Dernière mise à jour : 10/02/2006