Ce blog témoigne d’une partie de nos aventures, des moments forts de notre année scolaire et ce que nous avons pensé de cette expérience. Le choix de cet outil s'explique par sa popularité auprès des élèves de la classe. Tous savent ce qu’est un blog mais ne perçoivent pas avec acuité qu’il peut être aussi un outil pédagogique – et non simplement le lieu d'une expression personnelle ! Il permet notamment de valoriser leurs travaux : après avoir suivi les traces de Louis XIV, à charge pour eux de laisser maintenant la leur sur la Toile tout en validant des compétences du B2I !
Ce projet de création et d'écriture est passé par plusieurs étapes nécessaires, à commencer par le choix d'un titre, qui s’est imposé de lui-même puisqu’il s’agit de celui de notre projet. Nous avons ensuite relu l'ensemble de nos documents de travail pour choisir ceux qui seraient susceptibles d'être publiés ou de refléter le parcours littéraire et historique de la classe (la sélection a eu lieu après un sondage effectué à la maison et dépouillé en classe). Puis il a fallu hiérarchiser les informations : que publier en premier ? quand et comment ?
Les élèves ont alors commencé à élaborer plusieurs essais de maquettes du blog avec l'application Iweb. Visibles de tous grâce à un vidéoprojecteur, les maquettes proposées ont fait l'objet de débats inattendus, notamment de la part d'élèves qui, habituellement, se désintéressent du cours. Cela nous a amenés à dresser le portrait du lectorat susceptible de découvrir notre travail : doit-on le tutoyer ou le vouvoyer ? écrire en langage SMS ou non ? accepter de lui tout type de commentaire ou non ? La prise de conscience de ce destinataire nous a conduits à rédiger des textes explicatifs permettant à ce lecteur imaginaire de comprendre notre démarche, de savoir qui nous étions et pourquoi nous avions réalisé ce travail. L'ajout d'une charte, de pages consacrées à chacun de nos partenaires ou relatant notre méthode de travail, d'un mode d'emploi pour expliquer l'abonnement à notre podcast et même d'une note pour expliquer ce qu'est un podcast ont été effectués en ce sens.
La répartition des rôles et missions de chacun a fait l’objet d'un tableau récapitulatif : chaque élève a écrit au final un texte explicatif ou une anecdote en lien avec le contenu du blog, a saisi l'un des textes qu'il a écrits au cours de l'année et a procédé à la mise en ligne des enregistrements sonores ou vidéo qu'il a réalisés.
Les contenus
On trouve aujourd’hui sur le blog :
– les récits des moments de visite ou de rencontre ;
– des recherches biographiques et exposés consacrés à des auteurs, des personnalités ou des spécificités du XVIIe siècle ;
– une partie de nos travaux sur la lettre et Mme de Sévigné, un quiz réalisé par les élèves et consacré à la célèbre épistolière ;
– une série de podcasts, l'une consacrée au vocabulaire du XVIIe siècle, prenant pour appui le dictionnaire d'Antoine de Furetière ; l'autre, consacrée au théâtre : vocabulaire spécifique, entretien avec les acteurs et réflexions sur le métier de comédiens, biographie de Molière.
Travail préparatoire spécifique à la réalisation des podcasts
La première série de podcasts porte sur l'histoire de la langue française du XVIIe siècle ; le travail a commencé par des recherches documentaires sur Antoine Furetière et le rôle de l'Académie française. En parallèle, dans le dictionnaire de Furetière qui leur a été prêté, les élèves ont chacun sélectionné et recopié le terme qui les avait le plus surpris et qu'ils souhaitaient faire découvrir à leurs camarades. À la maison, ils se sont entraînés à la lecture du mot retenu.
La seconde série de podcasts est le résultat des recherches consacrées à la biographie de Molière et à la pièce Le Misanthrope, que les élèves ont eu la chance de voir et à l’occasion de laquelle ils ont rencontré les comédiens de la troupe. Ils ont ainsi rédigé des dialogues explicatifs relatant ce que les comédiens nous leur ont appris de leur métier : par groupe de deux, les élèves ont travaillé sur les points abordés lors de cette rencontre avec pour mission de réaliser un entretien au cours duquel questions et réponses feraient le point sur cette rencontre et sur le métier de comédien.
Le matériel nécessaire à ce travail consiste en un ordinateur doté d'une caméra et d'un micro, et les baladeurs de quelques élèves. Nous avons utilisé la salle informatique de notre établissement à raison d'une heure par semaine pendant sept semaines.
Déroulement des séances d'enregistrement
Comment procéder à l'enregistrement sonore et vidéo de la lecture d'un élève en classe entière ? À titre d'exemple, trois séances ont été nécessaires pour la réalisation de la première série de podcasts.
Une première séance volontairement collective a permis de faire des essais, de tester le matériel, de prendre conscience des points positifs ou à améliorer : l'élève a-t-il parlé suffisamment fort ? A-t-il regardé la caméra, correctement articulé son texte, effectué des pauses, pensé à sourire au moment du clap final en s'adressant à son public potentiel ? Le vidéoprojecteur relié à l'ordinateur nous a été fort utile. Un document récapitulatif des conseils à suivre a ensuite été rédigé. Il a permis l'élaboration d'une grille d'évaluation.
Deux autres séances ont suivi, au cours desquelles les enregistrements individuels ont été réalisés. Un élève pouvait choisir de réaliser une séquence sonore ou vidéo et recommencer les prises autant de fois que nécessaire, tandis que ses camarades travaillaient sur un sujet d'expression écrite préalablement donné, en lien avec le contenu du blog. Pour la seconde série, quatre séances ont été nécessaires : deux pour écrire les textes, une pour « s'entraîner » et l'autre pour enregistrer.
Difficultés majeures d'ordre technique
Si les élèves ont globalement apprécié ce travail, ils ont toutefois manifesté de l’appréhension à concernant sa difficulté et l'acquisition d'une méthode de travail : tel est le bilan formulé par eux-mêmes, consultable au fil des commentaires laissés sur le blog.
Les difficultés rencontrées ont été :
– la nécessité d’utiliser le matériel personnel de l'enseignant pour la réalisation des enregistrements vidéo ;
– l’orthographe : Iweb facilite la mise en ligne de vidéos mais ne possède pas encore de fonctions qui permettent de modifier et de corriger les erreurs orthographiques publiées au sein des commentaires ;
– la vétusté du matériel, qui rend les podcasts difficilement consultables en salle informatique sur certains ordinateurs ;
Par chance, l'équipement personnel des familles a permis de relayer le travail des élèves et a constitué un lien appréciable de valorisation du travail fourni.
Points positifs
Parmi les points positifs, on compte avant tout l'enthousiasme des élèves : ils ont pris plaisir à consulter les commentaires laissés sur le blog et à y répondre, à consulter les statistiques du blog et à découvrir qu'ils sont lus ! Mais ils ont aussi réclamé les enregistrements, préparé leur texte avec attention, jugé leurs productions avec sévérité et recommencé autant de fois qu'il le fallait. Ils ont ainsi développé l’envie d'améliorer leur travail, de se relire et de se corriger : le traitement de texte de « Google Document », son correcteur orthographique et sa fonction « historique », qui ont permis d'avoir accès à l'ensemble des modifications effectuées quasiment minute par minute par l'élève sur son document de travail et de revenir en arrière si nécessaire, ont été plébiscités. Cela n'a pas évité les difficultés mais quel plaisir de voir des élèves se mettre au travail avec le sourire et d'écrire leur brouillon sans rechigner !
Le travail d’équipe a également mis en évidence leur capacité à s’entraider face aux difficultés techniques rencontrées par certains. J'avais craint les moqueries : au contraire, chacun a loué les efforts que tous avaient faits, notamment en ce qui concerne les enregistrements vidéos.
Certains ont poursuivi leur travail à la maison et me l'ont envoyé par courrier électronique ; cette implication se ressent dans la qualité des travaux rendus dont chacun a fait l'objet d'une évaluation, écrite ou orale.
Ces éléments, en lien avec la maîtrise de la langue et des techniques usuelles de l’information et de la communication (1er et 5e piliers du socle commun), font de cette expérience un moment positif et bénéfique pour les élèves et pour moi-même, que je souhaite reconduire l'année prochaine sous une forme qui reste à déterminer !