Une (courte) séance « problèmes de langue »

Pourquoi ?

Parce qu’il y a beaucoup de fautes dans les devoirs.

Parce qu’elles sont mal identifiées (pas de réflexion sur les erreurs commises).

Parce que leur discours sur le niveau de langue est sur le thème de l’impuissance (ils ont un mauvais niveau, et pensent qu’il n’est pas possible d’y remédier)

Objectif :

Faire identifier les types de fautes.

Faire prendre conscience de l’existence de solutions.

Espérer une réaction (les élèves concernés sont de jeunes adultes, plutôt « bons élèves » : en gros, des bacheliers S avec mention, capables pour la plupart de gérer intelligemment une difficulté dont ils sont conscients qu’elle est un obstacle à la réalisation de leurs ambitions).

Méthodologie :

On va réaliser ensemble une carte heuristique destinée à .

Je propose une carte vierge, juste au milieu, la question traitée (« Problèmes de langue »).

On pose une règle : on ne met d’abord que des catégories (branches de premier niveau).

Puis on essaie de trouver des sous-catégories, à partir de fautes qu’ils font effectivement (citées de mémoire, ou retrouvées dans un devoir – et je ne me prive pas d’ajouter les erreurs récurrentes).

Parmi ces catégories : il faut créer :

  • orthographe
  • vocabulaire
  • fautes de langue (autour de la syntaxe)
  • les moyens d’y remédier (la branche peut apparaître assez tard)

Les sous-catégories peuvent varier : l’objectif n’est pas de tout faire d’un coup, mais d’initier une réflexion.

 

Le déroulement de la séance

La salle et la classe posent toutes deux un problème : longueur de la salle (très profonde, plutôt étroite), effectif de la classe (elle compte actuellement 46 élèves).

Un avantage : un vidéoprojecteur de bonne qualité permet de projeter sans problème l’écran de l’ordinateur, et les problèmes de projection connus au premier trimestre ont disparu, suite à l’achat d’un nouvel ordinateur.

La séance a lieu après un travail sur un sujet de dissertation sur lequel les élèves ont rédigé un plan détaillé et complète le travail sur le sujet et sur le thème par un travail sur la langue.

Elle s’ouvre par une explication rapide de la démarche envisagée et de mes mobiles. La classe, qui sait avoir d’assez sérieux problèmes de rédaction (nous en avons déjà passablement parlé) adhère sans difficulté au projet (je suis même assez heureusement surpris de la réaction positive de la majorité des élèves).

Je joue le meneur : écriture des propositions faites par la classe (les trois catégories sont vite identifiées, les premières erreurs apparaissent sans problème, et le classement se fait facilement, même si le vocabulaire nécessaire à l’identification des fautes pose quelque problème). Lorsqu’un point me paraît important, je propose des types d’erreurs, je donne des exemples, mais j’ai finalement peu à intervenir, les élèves faisant des propositions en grand nombre, et des propositions dans l’ensemble pertinentes.

Je choisis en fonction des demandes faites par certains et des ignorances manifestes d’approfondir plus ou moins tel ou tel point en allant jusqu’à reprendre des règles sans aller au bout de la question (par exemple sur l’accord des participes passés, qui pose tout de même problème à beaucoup).

Prise de note sans problème de la part des élèves, à qui je n’ai d’ailleurs pas promis de distribuer la carte une fois réalisée. Ils ont su dans l’ensemble gérer l’espace de la feuille que je leur ai simplement suggéré de prendre en format « paysage ». Je préfère qu’ils travaillent sur leurs propres erreurs et sur les moyens adaptés pour les résoudre, et qu’ils produisent leur propre document, plutôt que de leur fournir une photocopie de plus.

 

A la fin de l’heure, la carte est sauvegardée en vue d’une seconde utilisation. Les élèves doivent compléter leurs notes en recherchant quelles fautes ils commettent, dans le but d’enrichir la carte. Le travail sera poursuivi lors de la prochaine séance.

 

Michel Adrian  (michel.adrian@ac-nancy-metz.fr)

Dernière mise à jour : 30/05/2006