La journée a été ouverte par Alain Joyandet, nouveau secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, en présence d’Alain Madelin (président du Fonds Mondial de Solidarité Numérique) et d’Abou Diouf (Secrétaire Général de l’OIF).
Un vaste projet de francophonie numérique est en cours, il s’agit de la réalisation d’un grand portail numérique de la Francophonie, qui sera un élément fort du prochain sommet de la Francophonie à Québec, l’été prochain.
La nouvelle Francophonie doit être moderne. Ce portail doit être soutenu par les organisations internationales de la Francophonie.
C’est un système d’information puissant, pertinent, efficace, et simple d’utilisation pour tous les usagers. Il est gratuit pour tous les citoyens et s’adresse à tous les francophones et francophiles. Il y a environ 200 millions de francophones dans le monde.
Extraits du discours d’Alain Joyandet
La force de frappe de la nouvelle Francophonie sera celle du numérique.
Les britanniques ont lancé un plan ambitieux intitulé « l’anglais numérique de votre choix », plan qui vise à passer, à moyen terme, de 2 à 3 milliards de locuteurs anglophones dans le monde, en particulier pas la pénétration du marché chinois.
La France se doit de réagir, c’est pourquoi elle s’engage dans un vaste projet de Francophonie numérique, projet qui montrera que Francophonie et modernité sont liés.
Ainsi, la France réfléchit aux conditions de réalisation de ce « grand portail numérique de la francophonie» qui nous fait défaut, et qui serait un système d’information du type Google à la française.
Ce grand portail de mutualisation des connaissances et des savoirs devrait remplir quatre conditions :
1 – les contenus de formations numériques doivent être ouverts (enseignement du FLE mais aussi éducation primaire secondaire et supérieure). La formation des maîtres et des professionnels de santé doit être prioritaire, à l’instar de ce que fait déjà l’Université Mondiale Numérique Francophone pour la médecine.
2 – le plan de formation à la pédagogie numérique devrait se faire en lien avec l’Agence Universitaire Francophone, le Ministère des Affaires Etrangères et européennes, le Ministère de l’Education nationale, le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, les Alliances Françaises, le CNED
3 – pour parvenir à un réel changement d’échelle, les organes nationaux et internationaux Francophones et non Francophones de solidarité numérique et d’aide au désenclavement numérique des pays en voie de développement doivent coordonner leur action.
Le fond de Solidarité Numérique et l’Agence Mondiale de Solidarité Numérique, présidés par Alain Madelin, sont d’ores et déjà en phase avec le projet « Francophonie numérique »
4 – Le «Grand Portail Numérique de la Francophonie » devrait comporter dans un premier temps six étages :
- le portail du FLE et celui des « Lumières Francophones » (littérature, cinéma, musées, bibliothèques, photothèques, etc), (déjà conçus)
Par ailleurs devraient être rapidement développés
- un Portail des « Ressources Universitaires Numériques Francophones » permettant à chacun l’accès aux meilleures ressources universitaires dans tous les domaines de la connaissance et de la formation, ainsi qu’aux systèmes numériques d’enseignement pour tous niveaux, du scolaire à l’universitaire.
- Un Portail pour « Le Développement Durable et le Réchauffement Climatique », en accord avec les priorités du prochain Sommet de Québec.
- Un Portail pour « Le Commerce Francophone et les Echanges Economiques »
Les transactions etc se feront en langue française. Favorisant les échanges bidirectionnels et multidirectionnels Nord/Sud dans l’ensemble des secteurs industriels et commerciaux, le numérique contribuerait aussi à la mise en place d’actions de co-développement.
- un Portail pour les « Actions Solidaires et Humanitaires en Francophonie » incluant la coopération et le développement sanitaire et social, qui valoriserait la création d’une « Fondation de la Solidarité Francophone » constituée et gérée par les grandes entreprises des pays francophones.
Présentations par le Professeur Albert-Claude Benhamou
Albert-Claude Benhamou a présenté et commenté les maquettes des portails du FLE et de celui des "Lumières Francophones"
Monsieur Abou Diouf, Secrétaire Général de l’OIF, a parlé des efforts déjà engagés :
- démocratisation de l’accès dans les pays en développement (300 structures de proximité)
- acquisition et transfert de compétences technologiques
- prise en compte des enjeux stratégiques et de concertation
- création de contenus numériques pour accroître la présence francophone sur la toile
Alain Madelin (président du Fonds Mondial de Solidarité Numérique) a parlé des deux priorités : la santé et l’éducation.
Cette année 1000 unités de télémédecine sont soutenues en Afrique, ainsi que des outils d’éducation numérique comme le TBI. Il y a en Afrique d’énormes besoins, et de la bonne volonté.
Des médecins français se mettent par le net à disposition de médecins africains. Egalement des enseignants qui partagent leur savoir avec des enseignants africains.
Un accord-cadre (coopération bilatérale entre France et Bostwana) a ensuite été signé par Alain Joyandet et le Président du Bostwana, Monsieur Mogae. Il concerne l’enseignement du français au Bostwana.
Cet accord conforte les relations de coopération entre la France et le Bostwana pour le développement de l’enseignement du français dans le système éducatif du Bostwana, qui est un pays anglophone. Cela se traduit par un appui à la formation des enseignants de français et aux cadres du système éducatif boswanais, et met en évidence la volonté de faire de la langue française une langue de communication inter-africaine, avec d’autres langues comme l’anglais.
La Journée Internationale de la Francophonie a ensuite été célébrée de façon officielle à la Cité Universitaire à Paris en présence du président de la République.