Une expérimentation : B2i niveau 3
Dans la continuité de la mise en oeuvre des niveaux 1 et 2 du B2i dans les écoles et collèges, à la rentrée 2003, le ministère de l'éducation a proposé aux académies d'expérimenter un niveau 3 destiné aux lycées d'enseignement général et technologique (LEGT), aux lycées professionnels (LP) et centres de formation d'apprentis (CFA) gérés par des EPLE.
Cette expérimentation a été définie par un courrier DT-DESCO n° 0281 aux recteurs du 3 mai 2002 (consulter le fichier .pdf, 345 ko) avec deux objectifs principaux :
- affiner et préciser éventuellement les compétences constitutives d'un niveau 3,
- définir des modalités possibles d'acquisition et de validation dans des activités disciplinaires et interdisciplinaires et notamment étudier la possibilité d'avoir une validation d'un domaine de compétences sans le détailler sous forme d'items.
L'expérimentation
Vingt quatre académies ont proposé en décembre 2002 une centaine d'établissements (de 1 à 10 par académie) volontaires pour expérimenter et nommé un coordonnateur académique de l'expérimentation.
On peut noter une répartition équitable entre les LEGT et les LP ; 14 CFA se sont proposés.
Un groupe national de pilotage comprenant deux représentants de la direction de la technologie, deux représentants de la direction de l'enseignement scolaire, un IGEN, deux IA-IPR, deux IEN-ET, un chef d'établissement, un conseiller de recteur pour les TICE et cinq enseignants de disciplines générales, technologiques et professionnelles, a animé le réseau des correspondants académiques ; un séminaire de travail les a réuni en février 2003. Un premier questionnaire avait fait ressortir la diversité des organisations mises en place à cette date.
Les travaux de ce séminaire ont mis en évidence :
- L'importance de la prise en compte du dispositif B2i dans le projet d'établissement, son développement concernant l'ensemble de la communauté éducative et les collectivités territoriales,
- des besoins de formation des enseignants (intégration des TIC dans les pratiques disciplinaires et interdisciplinaires, évaluation des compétences des élèves),
- la nécessité pour les établissements de dsiposer d'un outil de suivi de l'acquisition des compétences des élèves,
- une forte demande de grilles d'items pour chacun des domaines de compétences pour ce niveau comme pour les autres : les coordonnateurs ont noté qu' il était difficile, dans l'état actuel des compétences des élèves et de la formation des enseignants, de développer de modalités d'attestation de compétences telles qu'elles sont définies dans l'annexe au courrier définissant le B2i niveau 3 et cité ci-dessous :
"Par rapport au B2i de niveaux 1 et 2, l'exigence spécifique du niveau 3 réside dans l'articulation des compétences entre elles, dans l'organisation de tâches plus complexes et dans la clarification des représentations et des processus en jeu." - l'urgence de développer des liens entre les différents niveaux du B2i : un groupe national d'évaluation et de suivi (GNES) de l'ensemble du dispositif B2i a été mis en place à la rentrée 2003.
Des académies ont présenté cette expérimentation sur leur site : Amiens - Besançon - Créteil - Martinique - Nancy-Metz - Toulouse
Conclusions : des propositions à étudier
Le groupe national de pilotage a émis des propositions à la suite de cette expérimentation en s'appuyant d'une part sur l'ensemble des travaux réalisés par les académies, d'autre part sur les résultats (détaillés ci-dessous) d'un questionnaire électronique dont l'objectif était la définition d'un socle minimal de compétences TIC que doivent acquérir les élèves pour être autonomes, dans le cadre de leurs activités scolaires, au lycée et en CFA, ainsi que pour leur formation de citoyen.
Ce questionnaire bilan de l'expérimentation concernait chaque classe ou chaque groupe d'élèves (géré par la même équipe) engagé dans l'expérimentation du B2i niveau 3. Les enseignants devaient renseigner :
- le contexte de mise en oeuvre,
- l'articulation niveau 2/niveau 3,
- les domaine(s) et compétences concerné(s) par l'expérimentation,
- une zone de commentaires libres.
Le déploiement du B2i niveau 2 nécessite la définition d'une phase transitoire pendant laquelle les élèves sortant du collège n'auront acquis que partiellement l'attestation B2i niveau 2.
Dans ce contexte, les propositions du groupe se résument ainsi : la validation du B2i niveau 2 est la priorité pour les établissements où l'élève est scolarisé après le collège.
Par ailleurs, il est proposé un socle minimal de compétences supplémentaires (voir ci-dessous un niveau 3 provisoire), jugées indispensables pour le travail des élèves après le collège, notamment dans le domaines des réseaux et environnements numériques de travail.
A l'issue de cette phase transitoire dont la durée sera à préciser en fonction des évolutions observées, un ensemble de compétences supplémentaires pour la validation du niveau 3 sera redéfini.
Dans ce cadre, quelques recommandations ont été proposées par le groupe de pilotage :
- Tous les établissements doivent faire en sorte que le niveau 2 (collège) soit acquis à la fin du cursus scolaire de tout élève.
- Les collèges doivent adjoindre au livret scolaire les feuilles de position même vierges officielles comme fiche diagnostic et liaison intercycle permettant d'ajuster la validation tout au long de la scolarité au lycée (LEGT, LP, CFA).
- Pour les lycées, il est demandé prioritairement de mettre en oeuvre le texte actuel (BO no 13 du 29 mars 2001) qui vise à permettre aux élèves de valider le niveau 2 durant l'année de seconde.
- Un niveau 3 provisoire a été défini , afin d'assurer une cohérence, une continuité dans le cursus des jeunes en y incluant un socle minimum de compétences pour faciliter les passages entre différentes voies de formation. Il propose des modalités de validation assouplies qui pourraient aussi s'appliquer aux niveaux 2 et 1 (validation de domaine par deux disciplines au moins au collège et au lycée, attestation délivrée par le chef d'établissement si au moins 75 % des items sont validés, chacun des domaines étant concerné). Dans l'attente d'une décison officielle, il est proposé aux académies et établissements qui souhaitent le mettre en oeuvre.
Des exemples de listes de compétences sont téléchargeables :
Propositions du GNES (fichier pdf 79 ko) - des académies de Nancy-Metz et de Toulouse.
Ces conclusions ont été transmises au GNES chargé de proposer au ministre des possibilités d'évolution de l'ensemble du dispositif B2i, en relation avec le C2i. A la date du 30 septembre 2004 aucune décision n'a été prise.
Les résultats du questionnaire
57 questionnaires pour 42 établissements (LEGT, LP et CFA) initialement inscrits dans l'expérimentation en janvier 2003 ont pu être étudiés. Ces établissements sont répartis sur 21 académies.
Le contexte de mise en oeuvre
Le panel des 57 groupes est bien réparti entre enseignement général technologique et professionnel (dont 2 CFA).
Les élèves ont très majoritairement accès à un réseau (c'est le cas de 45 groupes sur les 49 disposant d'un réseau).
Un très faible pourcentage d'élèves (11 %) possèdent le niveau 2 du B2i avec de plus une très grande hétérogénéité puisque
- Dans 28 groupes, aucun élève n'a le niveau 2 et dans 1 groupe, 100 % des élèves a le niveau 2.
- Si on enlève les groupes sans aucun niveau 2, 22 % des élèves ont le niveau 2 en moyenne.
On peut noter pour cet aspect que les établissements expérimentateurs ont été choisis par les responsables académiques sans aucune condition sur les collèges des environs : on peut donc penser que ces chiffres ont une valeur plus large.
L'articulation niveau 2/niveau 3
Tous les items du niveau 2 ont été mis en œuvre par au moins un des 57 groupes lors des activités en LEGT, LP et CFA.
Ceux qui ont été signalés le plus souvent comme n'étant pas utilisés :
par 40 % des groupes :
- "Je sais que l'ordinateur ne traite que des informations numérisées (des 0 et des 1 sans signification particulière pour la machine) et que seule l'interprétation qu'en fait l'utilisateur permet de lui donner du sens."
- "Je connais les ordres de grandeur usuels des caractéristiques techniques essentielles des ordinateurs et de leurs périphériques, afin, par exemple, de comparer les propositions de différents fournisseurs."
Par 37 % des groupes : "créer un document avec des liens hypertextuels pour organiser la présentation de mes arguments".
Ceux qui ont demandé le plus souvent une mise au point :
Pour 49 % des groupes ""créer une feuille de calcul simple qui réponde à un problème donné en utilisant à bon escient les formules, et d'en vérifier la validité
Pour 47 % des groupes : "Dans les situations où j'emploie l'ordinateur, j'utilise correctement les éléments de base du vocabulaire spécifique de l'informatique."
Pour 40% des groupes : "organiser dans un même document, pour une communication efficace, texte, tableaux et images issues d'une bibliothèque existante ou d'un autre logiciel (tableur, logiciel de traitement d'images…), sons si besoin est " et "Créer un document avec des liens hypertextuels pour organiser la présentation de mes arguments".
Ces informations ont été transmises au GNES qui est chargé entre autres de l'analyse de la mise en oeuvre du niveau 2.
Les domaine(s) et compétences concerné(s) par l'expérimentation
Une grille d'items a été proposée aux expérimentateurs et il leur a été demandé de préciser celles qu'ils avaient utilisées, celles qu'ils jugeaient indispensables au lycée et éventuellement de compléter cette liste.
Dans chacun des domaines de compétences, des items ont été jugés indispensables par au moins 60 % des expérimentateurs notamment dans les domaines "Utiliser un environnement numérique de travail" et "Utiliser les TIC de façon citoyenne".
Cependant il a semblé au groupe national que quelques aspects étaient peut être sous estimés :
- Reconnaître les principaux formats de fichiers et utiliser un logiciel adapté pour les travailler.
- Tenir compte de la compatibilité entre logiciels (choix du format de fichier).
- Choisir le logiciel capable d'ouvrir un fichier en fonction de son extension en vue de le modifier.
Des remarques issues des questionnaires et du groupe de travail
La priorité a été donnée à la validation des niveaux 1 et 2.
Dans 5 établissements, les enseignants utilisent couramment les TIC mais ne valident pas les compétences des élèves par manque de temps.
L'information n'est pas passée entre le collège et le lycée.
Des équipes d'établissements ont élaboré des grilles simplifiées pour la validation avec une possibilité d'adaptation pour chaque groupe.
La validation semble plus facile en TPE que dans les disciplines, et plus facile lorsque les activités des élèves les conduisent à produire des documents multimédias.
Des difficultés ont été signalées à propos de la formation insuffisante des enseignants, de la validation de tous les items d'un domaine, de la prise en compte des compétences TIC dans les programmes de certaines séries et de problèmes matériels en CFA.
Il semblerait souhaitable d'envisager une meilleure prise en compte de l'usage des TICE dans les examens et d'axer les formations des enseignants sur la gestion d'une classe avec utilisation des TICE.

