Benoît Sillard, sous-directeur des technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement au ministère et délégué aux usages de l'Internet, exprime son "sentiment qu'il y a un certain nombre de points qui devraient se régler". Il parle de "consensus" sur la question de l'équipement "avec le sentiment général qu'à partir du moment où il y a un projet, les collectivités mettent de l'argent." Le consensus porte aussi "sur la question de la connexion, avec les dernières écoles connectées cette année ou l'année prochaine". Chacun s'accorde à dire qu'il y a beaucoup de ressources et de contenus, remarque Benoît Sillard, "mais pour des questions précises on sait ce qu'il manque on a des idées précises sur la méthode et la façon d'organiser". La question des financements n'est pas majeure "car s'il y a un projet on y arrive". Pour lui, "définir le rôle des uns et des autres est un débat maintenant complètement dépassé car chacun a trouvé sa place naturellement". Concernant l'évaluation, "il y aura des discussions sur les conditions mais déjà un consensus existe sur sa nécessité".
"Restent des questions plus difficiles à régler, reprend Benoît Sillard : sur l'assistance et la formation des moyens humains, le ministère a des pistes mais il reste un vrai travail à réaliser sur les mois qui viennent et notamment une clarification de la part du ministère de l'Éducation nationale. Pour arriver à une généralisation, tout est question de projet : fondamentalement il faut avoir des acteurs (associations, enseignants, collectivités, etc.) qui partagent un projet. Cela prend beaucoup de temps mais c'est indispensable". Sur le "hiatus entre l'école et la société" évoqué par Marc Guiraud, Benoît Sillard voit une "note optimiste : ce n'est pas spécifique à la France" et le phénomène est visible "y compris dans des pays plus avancés comme le Canada, le Royaume-Uni, qui sont confrontés aux mêmes problèmes".
Selon Benoît Sillard, la communauté éducative a des "raisons de croire" en l'avenir : "depuis un an, dans l'université, c'est en train de fondamentalement changer. Le moment est arrivé où tous les maillons sont à niveau, y compris les questions de formation, de maintenance, de mise à disposition des outils, etc. Il commence à y avoir des évolutions fondamentales sur la pédagogie, la preuve en médecine où la première année dans un bon nombre de facultés a changé avec la disparition des cours magistraux et après un très fort travail de concertation." Pour Benoît Sillard, l'accompagnement à la scolarité sera un "sujet central à la rentrée prochaine, quelle que soit l'issue des élections".