Compte rendu de l'atelier n°2 : "Les besoins de formation des documentalistes dans le domaine des technologies de l'information et de la documentation"
CDI: Plan national de formation / Plan National de Formation 1999 / Stage de Lille du 29 au 31 mars 1999 / Les besoins de formation des documentalistes dans le domaine des technologies de l'information et de la documentation: compte rendu des ateliers /
Michèle Toulouse, CRDP de Versailles
Académies représentées : Amiens, Créteil, Grenoble, Lyon, Nantes, Orléans-Tours, Paris, Reims, Rouen, Versailles.
Dans cet atelier, un tour de table a été réalisé pour connaître la situation, dans chaque académie, de la formation proposée aux documentalistes dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.
1 - Une grande disparité :
Au niveau de l'élaboration de l'offre de formation
Selon les IUFM, nous constatons que les appels d'offre ont été :
- soit envoyés dans tous les établissements, une commission gérant le tri en fonction de la pertinence des propositions de formation et des axes rectoraux ;
- soit limités à un seul axe de formation, en l'occurrence internet, axe imposé par le Rectorat.
Il semble, par ailleurs, que certains collègues impliqués dans la formation soient incapables de donner des indications quant aux stages qui seront mis en place, l'an prochain. L'absence de coordination de la discipline rend peu lisible l'élaboration du plan de formation.
Au niveau des moyens
Si dans la grande majorité des académies, on déplore une diminution sensible des moyens mis à la disposition de la formation continue, force est de constater, là encore, une grande disparité dans les équipes de formateurs et dans le temps imparti aux stages.
Au niveau des thèmes
Les documentalistes se voient offrir un "choix" unique (internet), des formations élaborées en fonction des spécificités du métier, et/ou des stages généralistes dans lesquels les missions documentaires sont occultées.
De même, les formateurs qui interviennent dans ces stages, peuvent être des documentalistes formés aux technologies de l'information et de la communication et/ou des enseignants méconnaissant la fonction documentaire. Dans le meilleur des cas, une action transdisciplinaire est envisagée, le stage informatique étant co-animé par des équipes pluridisciplinaires ; une journée par discipline peut être envisagée pour prendre en compte les spécificités.
Au niveau des publics
Dans une académie, une collègue déplore le manque de stabilité des documentalistes. Chaque année, de nombreuses mutations rendent caduque l'effort entrepris pour former les documentalistes aux technologies de l'information et de la communication.
Certaines académies préfèrent ouvrir leurs stages à "public désigné" ; d'autres organisant un tri des candidatures en fonction de la connaissance du terrain que peut avoir chaque formateur.
Au niveau des modalités de mise en œuvre
L'organisation est là encore très disparate : de la convocation à l'invitation, du stage à la journée professionnelle ou à l'animation, il semble qu'il n'y ait aucune unité dans les modalités de fonctionnement.
2 - Les besoins en formation :
Ils sont le reflet de cette disparité ; selon les académies, les besoins en formation sont immenses ou, au contraire, les offres répondent correctement aux besoins exprimés par les documentalistes de terrain.
Il nous a semblé que seule une politique cohérente et à long terme est susceptible de porter ses fruits. Celle-ci doit être proposée autour :
D'axes rectoraux forts tenant compte de la spécificité des missions des documentalistes ;
D'une coordination nécessaire entre les différents partenaires intervenant dans la formation ;
D'une évaluation précise des résultats des stages et du réinvestissement dans les établissements ;
D'un suivi permettant à chacun d'avoir un plan personnel de formation et de mettre ses connaissances à jour.
Faire des propositions concrètes ne nous a pas semblé pertinent compte tenu des disparités évoquées. Toutefois, des grandes lignes devraient guider l'élaboration du plan de formation :
Aspect technique : il s'agit de permettre aux documentalistes de maîtriser l'outil informatique, le logiciel documentaire et l'internet ;
Aspect pédagogique : la seule maîtrise de l'outil est insuffisante ; il faut bien évidemment que cet outil soit intégrer dans la pratique pédagogique des documentalistes.
Par ailleurs, il semble que les formateurs eux-mêmes devraient être conviés à des stages de réflexion sur les enjeux de l'entrée de l'informatique dans les établissements scolaires, sur les modalités d'acquisition des connaissances par les élèves (psycholinguistique ; pratiques mathétiques…). La seule formation technique est insuffisante pour répondre à notre rôle de formateur car il est vrai que nous nous heurtons de plus en plus à des publics réticents quant à l'introduction des TIC au CDI et que nous n'avons pas toujours les moyens de lever les freins et d'apaiser l'anxiété de nos collègues devant l'accélération des transformations de la profession. Si les documentalistes doivent être les vecteurs de l'introduction des TIC, il faut qu'ils soient eux-mêmes à l'aise dans le maniement de l'ordinateur mais aussi dans les pratiques pédagogiques qu'ils doivent mettre en œuvre autour de ces outils.

