Compte rendu de l'atelier n°1 : "Les besoins de formation des documentalistes dans le domaine des technologies de l'information et de la documentation"
CDI: Plan national de formation / Plan National de Formation 1999 / Stage de Lille du 29 au 31 mars 1999 / Les besoins de formation des documentalistes dans le domaine des technologies de l'information et de la documentation: compte rendu des ateliers /
Brigitte Mulat, Académie de Besançon
Académies représentées : Besançon, Bordeaux, Caen, Clermont-Ferrand, Créteil, Dijon, Limoges, Nice, Paris, Rennes.
1 - Introduction et préalables
Cette question peut difficilement être traitée sans une prospective sur l’évolution des missions des documentalistes dans les CDI des établissements scolaires. La profession évolue très vite et de façon multiforme. Les compétences à mettre en œuvre sont de plus en plus nombreuses, pointues mais aussi dans des directions de plus en plus diversifiées.
L’introduction des technologies de l’information dans les CDI amène d’importants besoins de formation mais la question posée est : " jusqu’où aller" dans la connaissance et la maîtrise de ces technologies ?
Les demandes formulées par les documentalistes sont diverses, parfois même contradictoires.
Certains souhaitent développer des compétences approfondies en informatique générale, estimant que ces connaissances et ces savoir-faire sont indispensables dans le contexte actuel soit pour faire face aux questions des usagers (professeurs et élèves) encore néophytes, soit pour ne pas se laisser déborder par les prises de décision et les manipulations techniques d’enseignants ou d’élèves experts dans le domaine. D’autres restent en retrait, pensant que ces compétences approfondies relèvent de personnes ressource en informatique et non des documentalistes.
Cette diversité dans la demande s’explique à la fois par un vécu de formation antérieur différent et par une définition personnelle du métier -et des compétences nécessaires- différente également. La circulaire de mission fixant les champs d’intervention des documentalistes étant relativement ouverte et ancienne laisse place à ces différentes conceptions.
2 - Etat de l’existant
Le tour de table de l’état de la formation continue dans les académies représentées fait apparaître des pratiques assez différentes. Un constat général cependant : les réponses en terme de formation aux difficultés rencontrées par les documentalistes sur le terrain sont insuffisantes.
- L’analyse des besoins est souvent incomplète et insuffisante. Les cahiers des charges de la formation des documentalistes sont élaborés par des commissions dont la composition et les objectifs diffèrent de façon assez significative selon les académies.
- L’intégration de la Formation Continue aux IUFM se fait avec beaucoup de flou et un grand nombre de questions se pose aujourd’hui. Pour cette année en tous cas, l’analyse des besoins réels semble toujours aussi peu effective.
- Même quand l’analyse des besoins est correcte, les moyens attribués sont largement insuffisants (nombre de jours dérisoires, propositions ponctuelles, pas de prise en compte réelle des difficultés rencontrées au quotidien dans les CDI par les documentalistes). Dans certaines académies, le service de personnes ressource est proposé pour résoudre certaines difficultés. Cela permet de répondre au coup par coup mais n’apporte pas de solution à long terme comme le ferait une réponse en terme de formation.
- Les circulaires récentes qui insistent, sans donner de moyens de remplacement, sur la nécessité de ne pas laisser d’élèves sans enseignant, augmentent les difficultés d’obtention d’autorisations de journées consacrées à la formation continue.
- Les formateurs de Formation Continue en documentation sont peu nombreux, isolés, dépendent de différentes structures (CRDP, IUFM, Formation Continue, Université…). Leurs conditions de travail leur laissent trop peu (voire pas) de temps pour la veille documentaire et technologique. Les formations de formateurs sont très restreintes – voire inexistantes dans beaucoup d’académies. Les occasions d’échanges et de confrontation de pratiques (comme celles de ce PNF) sont très peu fréquentes.
Le public visé par la Formation Continue
- Les documentalistes de base, volontaires pour s’inscrire à des formations proposées, ou désignés selon certains critères. Le nombre de jours de formation proposé est souvent très faible.
- Les "personnes ressource", "documentalistes relais", "documentalistes de points media conseil" bénéficient d’un nombre de jours de formation plus élevé mais cela nécessite des moyens. Pour cette raison, cette politique de formation tend à être abandonnée dans certaines d’académies. Dans d’autres, elle se fait au détriment des jours de formation proposés à l’ensemble des documentalistes.
3 - Contenus de formation aux Technologies de l’Information à développer
Les besoins identifiés :
En tenant compte des préalables développés plus haut, le rôle des documentalistes aujourd’hui, par rapport aux TICE, est à la fois un rôle pédagogique d’aide aux élèves, un rôle de veille sur la recherche de l’information et un rôle de veille technologique.
Une culture informatique est indispensable non pas pour assurer des tâches de maintenance ou de gestion de réseau d’établissement mais pour être un utilisateur averti qui comprend les enjeux et qui maîtrise les processus, même s’il ne maîtrise pas toutes les manipulations.
Les manques identifiés dans toutes les académies : des connaissances de base en informatique et une pratique effective, personnelle. Les documentalistes qui n’utilisent pas l’informatique à titre privé sont confrontées au problème de l’application et du réinvestissement de connaissances dans des usages précis.
Les propositions de formation faites dans les différentes académies pourraient aborder les aspects suivants :
- Connaissances de base en informatique : arborescence, gestion des fichiers y compris dans des environnements réseaux, environnements, …. apprentissages à effectuer en relation avec des usages réels.
- Maîtrise des outils (sans déconnecter les apprentissages de base des usages réels de recherche de l’information dans les différentes disciplines). Cette exigence nécessite des formations plus longues que celles réalisées actuellement.
- Langages d’interrogation, d’indexation, démarches de recherche, apports de la psycholinguistique.
- Quels outils, quelles pratiques avec les élèves ?
- Travail en projet pluridisciplinaire sur la recherche et le traitement de l’information et sur les pratiques pédagogiques.
- Démarches de lecture (images, images virtuelles, textes) et d’écriture. Quelles spécificités en fonction des différents supports ?
- Droit de l’information

